Charles Pasi dans la Presse | Septembre 2017

Figaro Magazine – 8 septembre 2017

Charles Pasi, un nouvel album qui passe de l’harmonica au chant
Par François Delétraz

Avec un nouvel album «Bricks» qui sort chez Blue Note, cet harmoniciste continue son chemin à la fois nostalgique et intimiste. Rencontre avec un chanteur qui ne veut pas « se diluer».

C’est l’histoire d’un harmoniciste devenu harmoniste. Entendez: un habile joueur d’harmonica qui a choisi d’exceller dans l’harmonie. Comme beaucoup d’adolescents, Charles Pasi faisait le désespoir de ses parents. Et puis un jour, au retour du collège dans son habituel bus numéro 48, à la faveur d’un embouteillage et d’un chauffeur furieux qui coupe son moteur, Charles descend et se retrouve, hasard ou destin, devant le magasin de piano Hamm à Montparnasse.
Il a justement en tête la rengaine de Bob Dylan Mr. Tambourine Man. Il entre dans le magasin et demande au vendeur l’harmonica de Dylan. Il y consacre tout son argent de poche – 100 francs – et ressort, nanti de l’instrument et de l’adresse d’un cours de quartier, où il apprendra à jouer tous les samedis matin. Médiocre élève au collège, le voici premier en classe d’harmonica, instrument «marginal et antiacadémique» qui lui offre une belle estime de lui-même, mais encore absorbe ses humeurs qu’il avait déjà fortes. Il a désormais aussi l’impression d’avancer «plus vite que les autres». Il commence à jouer ici et là, à chanter aussi, avec une voix qui s’accorde à l’instrument. Début de l’aventure.
Un quatrième album tout en anglais

Ce mois-ci, Charles Pasi sort son quatrième album Bricks chez Blue Note. On écoute et d’emblée, on est conquis. Délicat, intimiste – même si les paroles sont en anglais -, Pasi déploie son univers qu’on pourrait qualifier de nostalgique, bien qu’il s’en défende. «Ma musique est le testament d’une certaine gaieté», insiste-t-il pourtant, soulignant l’esthétisme d’une chanson qu’il revendique comme une marque d’attention pour le public. «Comme dans l’amour il faut se faire plaisir, faire plaisir à l’autre et se faire plaisir ensemble».
Avec le public encore, il partage son exploration personnelle, ses tâtonnements dans l’expression de ses sentiments et de ce qu’il veut dire. En concert*, il n’hésite pas à parler entre les morceaux. Il aime expliquer, s’expliquer, il ne peut «pas s’en empêcher». Que ceux qui regrettent de ne pas l’entendre chanter en français se consolent. Il leur suffira d’aller l’écouter à l’étranger. C’est une autre caractéristique du personnage: il aime surprendre, et être là où on ne l’attend pas. Lui-même d’ailleurs hésite sur ses désirs profonds: écrire une chanson culte qui entrera dans l’inconscient collectif, ou se cantonner, «sans se diluer» à un public plus restreint, mais qui saura toujours l’apprécier pour ce qu’il est, et tel qu’il est.

 

Le Parisien – 11 septembre 2017

Nos 10 coups de cœur musicaux de la rentrée
Charles Pasi a le blues

L’homme à l’harmonica, c’est lui. Charles Pasi, 33 ans, grand musicien, chouette chanteur et chic type pour ne rien gâcher. Il a appris son instrument sur le tard, à 17 ans. Depuis, il enchaîne les excellents disques. On avait adoré «Sometimes Awake». On craque aussi pour «Bricks», quatrième album où l’artiste ne se contente pas d’être harmoniciste mais compose, écrit, chante, revisite le blues. Avec la rage de vivre.

Charles Pasi, «Bricks», Blue Note. Sortie le 29 septembre.

 

TV5Monde – 17 septembre 2017

Musique: Charles Pasi, nouvelle signature du Label Blue Note